Chapitre 2
- ‘ Princesse ?, demoiselle Aliana ! qu’ai-je dit à l’instant sur les périodes ?’
La voix du pandhir, celui qui enseigne le temps, me fait sursauter en mettant fin à ma rêverie.
- ‘ je ne sais pas, maitre, je n’écoutais pas’
- ‘ tu ne m’as pas dit que tu étais souffrante au réveil ?’ Intervient alors Steon, mon presque frère. Il tente de m’éviter une punition
- ‘ ce n’était pas ce matin, tu confonds. Je me porte très bien et attends la sanction, maitre’.
Je m’efforce de prendre un air désolé, sans succès. Les périodes m’ennuient, c’est toujours la même chose.
Avec un soupir réprobateur, le pandhir fait venir l’ania de ma mère et lui murmure quelques mots à l’oreille. L’air sévère, elle me fait signe de la suivre et nous sortons.
- ‘ Tu as maintenant 15 cycles’ elle parle toujours en cycle solaires, celui des jumeaux, ‘ Il est temps de te comporter en alam, comme ceux de ton âge, et mieux même, parce que tu es fille des glaciers, la première du royaume. Tu dois te préparer à ta future vie. Je suis heureuse d’appartenir à ta mère et non à toi, je plains l’ania qui devra veiller sur toi sa vie durant.’
Je sais qu’elle n’en croit pas un mot, il est vrai que son rôle est de veiller exclusivement sur ma mère, ainsi que le veut la tradition, mais, Atir et la tradition ne sont pas nées le même jour, comme elle le répète souvent, ce qui justifie à ses yeux les libertés qu’elle prend et lui permet de faire plutôt ce qui lui chante.
Pour autant, nous allons d’un pas ferme vers la petite chambre, réservée à la reine. Depuis ma plus tendre enfance, je ressens une appréhension singulière quand je pénètre dans cette pièce. Peut-être parce que c’est l’endroit où ma mère n’est plus maman, mais reine des glaciers bleus, princesse des déserts mauves. Du reste je n’y suis guère allée excepté lorsque je faisais des bêtises, ce qui est le cas aujourd’hui.
- ‘ Dame Ylia, la princesse a manqué d’honneur envers Brao le pandhir, en rêvant au lieu d’écouter’
- ‘ Quelle était la leçon ?’ interroge ma mère d’une voix douce.
- ‘ Les périodes, ma reine.’
Un silence, un bref regard qu’elles échangent, un imperceptible sourire et le verdict tombe :
- ‘ Bien, Aliana, je vais laisser Atir t’apprendre les périodes. Tu regretteras sûrement le maitre, mais dans deux lunes tu sauras jusqu’au plus profond de toi ce que sont les périodes.’
mardi 13 février 2007
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire